Comment améliorer une mauvaise circulation veineuse ?

avril 1, 2021

Le retour veineux est un phénomène circulatoire qui assure la remontée du sang des membres inférieurs vers le cœur pour y être rechargé. Il est indispensable au bon approvisionnement en sang oxygéné des tissus et organes du corps humain.

En raison de la pesanteur, du statut bipède de l'Homme, de la génétique et de nombreux autres facteurs, son fonctionnement peut cependant être perturbé. S'installent alors des signes de mauvaise circulation comme les jambes lourdes ou les varices. Selon les dernières statistiques, près de 17 millions de Français sont touchés par l'insuffisance veineuse. Quels sont les facteurs associés à l'insuffisance veineuse des membres inférieurs ? Comment lutter contre la mauvaise circulation sanguine ? Quels sont les moyens de traitement possibles ?

Comprendre la circulation veineuse

Il existe deux réseaux veineux distincts, mais reliés entre eux, qui assurent le retour veineux. Le réseau veineux profond, qui effectue à 90% le drainage du sang, et le réseau veineux superficiel. Aidées des muscles et des valvules unidirectionnelles, qui tapissent leur paroi interne, les veines du réseau profond acheminent du sang pauvre en oxygène des jambes vers le cœur. Ce sang est ensuite enrichi en oxygène puis redistribué aux différents organes.

De manière pratique, c'est le mouvement permanent des jambes qui rend possible le retour veineux. À chaque pas effectué, le réseau veineux est activé. Par un phénomène de chasse plantaire, les muscles se contractent, compriment les veines qui propulsent le sang vers le haut. Les mollets prennent le relais en se contractant pour continuer l'ascension. Durant tout le processus, les valvules situées sur la paroi veineuse empêchent le sang de refluer.

Un dysfonctionnement de ces valvules, une perte d'élasticité ou de tonicité des veines provoquent une stase sanguine responsable de l'insuffisance veineuse. L'aggravation de la stase entraîne une incontinence des valvules et une plus importante dilatation des veines. Un cercle vicieux s'installe et des signes physiques apparaissent alors avec leur lot de complications : thrombose veineuse, embolie pulmonaire, etc.

Les facteurs associés à une mauvaise circulation veineuse

Des études ont révélé que l'insuffisance veineuse est héréditaire dans 80% des cas. Par ailleurs, certaines maladies ou une mauvaise hygiène de vie peuvent en augmenter le risque ou être un facteur déclenchant. Les premiers facteurs incriminés sont l'obésité, le surpoids et la sédentarité. En raison de la surcharge pondérale que supportent les jambes, le retour veineux est diminué. Le risque de développer des varices est donc de 29% en cas de surpoids.

La grossesse et les moyens de contraception sont également des facteurs de risque d'insuffisance veineuse. Ce risque est de 21% pour les premières grossesses et augmente progressivement. C'est ce qui explique la forte prévalence de l'insuffisance veineuse chez les femmes. La compression des veines par l'utérus et les déséquilibres hormonaux créent une dilatation veineuse.

De même, une position debout ou assise prolongée favorise la stase veineuse. Certaines professions sont ainsi à risque : serveur, coiffeur, infirmier, comptable, chauffeur, etc. Les longs voyages, le tabagisme, le diabète, l'alimentation riche en gras et en sel sont autant de facteurs associés à la mauvaise circulation veineuse.

Reconnaître les symptômes de l'insuffisance veineuse

Lors d'une insuffisance veineuse, les signes fonctionnels sont au premier plan. Il s'agit entre autres de :

• paresthésies des membres inférieurs (sensations de lourdeur, d'engourdissement ou de fourmillement…),
• crampes nocturnes,
• extrémités froides,
• hémorroïdes,
• œdèmes…

Les signes physiques, souvent douloureux, s'installent bien plus tard et se traduisent par la présence de varices, d'œdème des membres inférieurs, ou de télangiectasies (petites veines bleutées et dilatées situées sur la peau). Chez certains, on peut remarquer des ongles cassants, une chute de poils ou un dysfonctionnement érectile. Non traitée, elle peut évoluer vers une phlébite ou des ulcères variqueux.

Comment améliorer une mauvaise circulation veineuse ?

La contention, les veinotoniques, la sclérothérapie ou la chirurgie sont les moyens médico-chirurgicaux qui ont fait leurs preuves dans la prise en charge de l'insuffisance veineuse. Mais, le meilleur traitement de l'insuffisance veineuse est préventif. Il faut, d'une part, éviter les facteurs de risque tels que le tabagisme, la sédentarité, les traitements hormonaux, le surpoids, etc. Dans un second temps, il est important de faire du sport pour augmenter la puissance de la pompe musculaire et accroître le flux sanguin.

En dehors des traitements conventionnels, il existe en phytothérapie, des plantes efficaces dans l'amélioration de la mauvaise circulation veineuse. La vigne noble, le mélilot, l'hamamélis, le cassis, et le petit houx sont les plus plébiscités.

Riche en polyphénols réputés réparateurs et protecteurs, la vigne rouge est efficace contre les varicosités et les jambes lourdes. Le mélilot est actif sur les pieds enflés. Grâce à sa richesse en coumarines anticoagulantes, elle fluidifie le sang. Il est déconseillé de l'utiliser en association avec d'autres médicaments anticoagulants. Quant au marronnier d'Inde, il permet de réduire les œdèmes et l'inflammation. Disponibles en gélules ou en ampoules buvables, ces plantes peuvent être associées entre elles. Leurs feuilles sont aussi efficaces en infusion.

Nos conseils pour en diminuer les symptômes

Quelques conseils d'hygiène de vie simples permettent souvent de diminuer de nombreux symptômes liés aux problèmes d'insuffisance veineuse.

Sont conseillés :

• La pratique d'activité physique qui diminuent l'hypertension veineuse par activation de la "pompe veineuse" comme la marche, l'aquagym ou la natation, le vélo.

• Les douches froides qui ont pour but d'entraîner une vasoconstriction veineuse. Elles soulagent les symptômes de l'insuffisance veineuse et permettent de diminuer les œdèmes.

• La surélévation des jambes, notamment la nuit. Une quinzaine de centimètres suffit.

• La lutte contre la surcharge pondérale qui est un facteur de risque.

• La pratique de quelques exercices musculaire simples, tels que les flexions de la cheville, talon au sol, en position assise ou la surélévation des talons en se hissant sur la pointe des pieds en position debout.

Sont déconseillés :

• La station debout ou assise prolongée, si possible, qui diminue le retour veineux, favorise les sensations de jambes lourdes et peut provoquer l'apparition de varices et d'œdèmes.

• L'exposition à des sources de chaleur tels que le soleil, le hammam ou le sauna, entraîne une vasodilatation. Ce type d'activités ne devraient pas être prolongées. Afin de contrer l'effet vasodilatateur de la chaleur, il est conseillé de prendre une douche fraîche sur les jambes après l'exposition.

• Le port de hauts talons et de mi-bas trop serrés sont à éviter car il diminuent le retour veineux.

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